Opérateurs pseudo-différentiels : pourquoi ?

Au cours des dernières années, l'usage d'opérateurs dynamiques "non standard" (non rationnels dans le cas linéaire) s'est fortement répandu dans de nombreuses disciplines (voir par exemple [61], dans le cas particulier des opérateurs intégrodifférentiels fractionnaires). Au plan physique, ceci est principalement dû à la nature répartie des phénomènes à l'échelle microscopique, dont l'expression au niveau macroscopique fait surgir, à partir d'un certain niveau de précision, des comportements complexes, fortement conditionnés par les diverses géométries, inhomogénéités, etc. L'intérêt de tel opérateurs semble désormais acquis; on peut mentionner en particulier:

Un cadre mathématique particulièrement adapté à ces situations est celui des opérateurs dits ''pseudo-différentiels'' (OPD) [4]: ''Les opérateurs pseudo-différentiels permettent de plonger les opérateurs différentiels dans une algèbre où se trouvent aussi leurs paramétrix. Ils jouent ainsi le rôle qui est, pour les opérateurs à coefficients constants, celui de la convolution'' (M. Zerner, Encyclopédie Universelle, chapitre ''équations aux dérivées partielles'', page 197).

Les OPD peuvent être interprétés comme généralisation des opérateurs différentiels, essentiellement sur trois points:

Bien évidemment, le cadre pseudo-différentiel n'épuise pas tous les opérateurs, mais est assujetti à certaines hypothèses spécifiques, énoncées sur la base de considérations physiques. Ce cadre constitue en fait une extension naturelle des transferts standard (rationnels), du fait de leur propriété (fondamentale) ''pseudo-locale'', qui exprime la régularité du noyau (Ainsi, les retards purs ne sont pas des opérateurs pseudo-différentiels). Cette distinction qualitative entre OPD et retards est de même nature que la distinction classique en edp, entre systèmes paraboliques (diffusions) et systèmes hyperboliques (propagations à vitesse bornée). Il n'est donc pas surprenant que, de même que l'équation des ondes joue un rôle central par rapport aux retards purs, les diffusion s'avèrent fort utiles dans la description et la manipulation de nombre d'OPD.

Loin de constituer une " généralisation gratuite ", ce concept permet une grande souplesse pour les problèmes précédemment évoqués, ce pour les raisons suivantes :

En résumé, par sa structure algébrico-topologique souple et bien adaptée à l'analyse, l'approximation et la simulation, la classe des opérateurs pseudo-différentiels permet d'aborder dans un cadre unifié une grande variété de problèmes non standard très actuels.

Divers problèmes ont d'ores et déjà été abordés avec succès (en analyse, approximation, contrôle, identification, modélisation stochastique,...) affirmant ainsi la légitimité du présent projet d'un point de vue concret (voir le programme de recherche et les références citées).

 

 Un projet au carrefour de plusieurs concepts


Ce projet réalise une jonction entre divers concepts actuels. En effet, indépendamment des questions de modélisation-identification de phénomènes physiques et de signaux non standard, si l'on se place dans un contexte étendu aux modèles à paramètres répartis (diffusions, propagations, écoulements,...), les notions d'OPD et de représentation diffusive établissent une passerelle naturelle entre les concepts de robustesse (Hinfini, H2), de passivité, d'adaptation d'impédance, de contrôle optimal et de modèles AR-ARMA:

Enfin, sous forme de représentation (d'état) diffusive (en dimension nécessairement infinie), les OPD sont bien adaptés aux approches constructives (sous approximation) des problèmes de commande, filtrage etc., dans un cadre étendu aux aspects temps-variables ou non-linéaires [8]: méthodes d'énergie-Lyapunov, adaptatif, Kalman étendu, Volterra.

Novembre 1999